Lambert Timothy James - L'Enfer C'Est Lui стр 3.

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Lors d'une escale à l'aéroport international de Kenyatta à Nairobi au Kenya, alors que j'attendais d'embarquer sur mon vol pour rentrer aux États-Unis, on m'a demandé ce que je voulais être plus tard. L'homme était assis de l'autre côté de ma table. Il semblait avoir près de soixante-dix ans. Je pouvais deviner par ses traits et son accent qu'il venait du Rwanda, un pays accusé par de nombreux rapports d'organisations des Nations Unies et autres organisations non-gouvernementales de surveillance, d'être le cerveau derrière les horreurs politiques et sociales de mon pays natal. Vous pouvez comprendre ma colère après avoir été briefé sur la façon dont le Rwanda a fourni un soutien financier et militaire à des groupes de bandits sadiques, et comment, en retour, le Rwanda a directement pillé les ressources naturelles du Congo et est indirectement devenu une plaque tournante du commerce de ressources minérales.

Ce jour-là, une seule question me hantait ; combien de souffles et de vies perdus la République démocratique du Congo devrait supporter avant que le monde ne dise que c'en est trop ? Sur un ton hargneux, j'ai répondu à sa question d'une façon simple et audacieuse : « Je vais mettre fin au cauchemar de la République démocratique du Congo ». Tout en essayant de s'arrêter de rire, il m'a demandé quelles seraient mes solutions pour la RDC. Après tout, mon pays natal a traversé plus d'un demi-siècle de chaos économique et social. J'ai d'abord joyeusement formulé mes idées. Il a retiré ses lunettes et m'a demandé d'approfondir mon plan. Inutile de dire que plus je parlais, plus je semblais bête et naïf. Finalement, je n'ai pas été capable de clairement exprimer ma vision, pour la simple et bonne raison que je n'avais jamais sérieusement pensé à tout ceci en détail. Mon plan tout entier ne pouvait satisfaire à un examen en profondeur. La conversation décontractée s'est alors transformée en expérience humiliante et cela m'a rendu humble.

Ce livre émane des disciplines économiques monopolisées depuis plus d'un siècle par les rois de l'évasion et les mathématiciens. Pour toutes les mauvaises raisons que l'on connaît, les économistes ont réduit en millions de petits morceaux le Saint Graal qu'est la classique valeur du travail et ont enlevé à l’humanisme et au monde réel leurs fondements théoriques. Ensuite, ils se sont donné le mal de regrouper certaines pièces, en utilisant des hypothèses stupides comme pansements. Il y a une part de vérité dans l’accusation du Marxiste mis en quarantaine, Fred Moseley, selon laquelle le système économique du monde universitaire a été construit de façon à récompenser ceux qui restent dans le courant dominant. Cet homme vertueux est le Shoichi Yokoi de l’économie, privé de célébrité et de fortune, se cachant dans les jungles de South Hadley au Massachusetts. Il croyait fermement que ses anciens camarades reviendraient le chercher un jour, et qu’ensemble, ils lanceraient un dernier assaut contre le capitalisme. Hélas, simplement blâmer l’orthodoxie pour la non-exactitude de ses théories ne suffira pas à restaurer la vision classique d’un marché efficace ou à nous emmener vers la terre promise.

J’ai commencé ce livre sur une note personnelle avec une lettre à Mama Vincent. C’est une adolescente qui élève seule son enfant dans la rue, que ma femme et moi avons rencontrée dans le centre de Nairobi au Kenya. À un moment donné, j’ai dû tenir Vincent dans mes bras pour tenir les policiers éloignés. Ma renommée de touriste au Kenya a protégé Vincent et sa mère de tout harcèlement policier. La ville de Nairobi a fait passer une ordonnance criminalisant la pauvreté plutôt que de faire la guerre aux inégalités. Cet apartheid de l’ère moderne n’attire pas l’attention internationale, car les oppressés et les oppresseurs ont la même couleur de peau. De nombreuses autres villes adoptent la même approche démente et n’ont pas été inquiétées tant que la ligne qu’elles ont tracée ne déterre pas les conflits raciaux.

Durant mon enfance, on m’a inculqué la notion que les disparités socio-politico-économiques étaient dictées par les lois de la nature ; quelqu’un devait être pauvre pour être le serviteur d’un riche ! Durant les années 90, les riches Congolais ont cherché à se réfugier à l’Ouest pendant la guerre civile. J’ai été témoin de la façon dont, en un clin d’œil, la plupart de ces familles ont perdu le style de vie luxueux auquel elles étaient habituées. Après avoir vécu pendant près de deux décades en exil, même les plus puissants généraux et les proches de l’ancien président ont petit à petit succombé à la paralysie de la misère. Ce n’est donc pas surprenant si bon nombre de barons et de militants de l’Ancien Régime sont rentrés chez eux en rampant et s’investissent activement dans le nouveau système parasite. Mon sage ami sud-africain fait référence à une loi naturelle pour expliquer ce cycle : « Serpent un jour, serpent toujours ! »

Ce témoignage personnel sert à montrer la vérité universelle accablante selon laquelle les gens, tout comme les nations, s’intéressent plus à eux-mêmes jusqu’à ce que la chance tourne. Il en va de même pour le mouvement « Occupez Wall Street », après que les Américains aient vu leur rêve de maison avec palissade partir en fumée, ou lorsque les américains ordinaires travaillant dur se sont aperçus que leur retraite avait été complètement anéantie par quelques vagabonds avides. Un autre exemple caustique est le petit groupe constituant l’oligarchie russe qui n’a plus la cote auprès de Vladimir Poutine, et qui ne peut s’empêcher de prêcher une justice et une égalité strictes depuis son exil doré à Londres. Qu’y a-t-il à dire des pays européens jonglant avec des dettes hallucinantes plus élevées que leur PIB ? Ajoutez à ce tableau le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, les pays BRIC qui font exploser leur croissance économique au péril de Mère Nature. Il faut aussi rajouter à ce mélange la majorité arabe qui, ne se satisfaisant plus de la petite part de la richesse nationale tandis qu’une minorité dépense le reste, a changé de position.

Ces récents volcans bouillonnants devraient attirer notre attention sur le fait que l’on devrait rechercher des mesures préventives pour briser le statu quo. Au XXIe siècle, le discours apathique des économistes, « Tant que l’on poursuivra l’évolution actuelle et que l’on ajustera la roue du vieux capitalisme un petit peu plus, tout ira bien », a perdu de sa force et de sa pertinence depuis longtemps. Il est plus que jamais impératif d’initier une révolution culturelle et de développer une réelle alternative au système socio-politico-économique brutal et primitif qui prévaut actuellement, le capitalisme, et à sa version querelleuse, l’économie islamique.

Le pot-pourri bruyant dans ma tête provient du défi auquel chaque pays doit faire face sur cette planète mourante : la disparité socio-politico-économique. C’est le résultat d’une croisade pénible pour découvrir un moyen pragmatique de rendre cet écart négligeable. Ne vous arrachez pas les cheveux tout de suite ; je n’ai pas totalement perdu l’esprit en vous recommandant de sauter sur la selle de l’un des deux chevaux condamnés. Le socialisme et le communisme ont échoué, mais maintenant le capitalisme et l’économie islamique nous déçoivent. Ce livre vous fera parcourir de nombreux labyrinthes sombres et élaborés. Les économistes devraient laisser à la religion et à la médecine le soin de révéler les mystères de l’anormal et du naturel tout en nous réconfortant, ou en abusant de nous, par la même occasion. La responsabilité de l’économie est de trouver des solutions aux excès et à la thésaurisation, ou de les limiter, avant d’entreprendre des vagabondages intellectuels. À la place, elle s’est vue réduite à l’état de glorification du faussement socio-économique.

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